Mottard : “Liège est déjà la capitale culturelle”
Paul-Emile Mottard, député provincial en charge de la culture, est intervenu hier dans La Meuse pour rappeler tous les atouts culturels de Liège et il faut l’en remercier. Il souligne à la perfection les enjeux qui gravitent autour de la question culturelle à Liège, comme en témoignent ces propos :
Dans les faits, Liège est déjà la capitale culturelle wallonne : on ne crée pas une capitale culturelle par décret [et pourtant! NDLR], c’est le public, les acteurs culturels qui font une capitale culturelle. Par ailleurs, nous avons une faiblesse à Liège, c’est que nous n’arrêtons pas de nous tirer dans les pattes. C’est pourquoi je lance un appel à fédérer les acteurs culturels (…).
Merci, M. Mottard, pour ces propos empreints de sagesse. ADC et FS ont également lancé un appel, pour que Liège soit capitale européenne de la culture en 2015. Comme M. Mottard, ils invitent le public et les acteurs culturels à “faire une capitale culturelle”, et souhaitent fédérer les forces culturelles liégeoises. Cette convergence de vue doit être applaudie !
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A moins que P.E.M. pense à d’autres projets fédérateurs ? les siens par exemple ? Il a un grand projet dit fédérateur en chantier non ? Ceci dit sans aucune animosité… Que du contraire, toutes les initiatives sont bonnes en la matière… Quant à affirmer qu’il faut que les acteurs culturels arrêtent de se tirer dans les pattes, il faudrait peut-être aussi dire qu’il faudrait cesser de dire que les acteurs culturels à Liège ont l’habitude de se tirer dans les pattes. Sur le terrain, ils sont également fort capables de s’entendre.
il me vient à l’esprit un second commentaire, peut-être beaucoup plus fondamental, à lire les déclarations de P.M.E.
1. Certes, ce sont les acteurs culturels et le public qui font “une capitale culturelle”, entendons une ville riche de culture. Je dirais même que c’est la ville qui génère sa culture, sa créativité, ses créations. De façon lancinante ou par brusques polarisations. Sans replis frileux sur ses acteurs et créateurs toutefois. Je veux dire qu’une ville, surtout grande, génère du talent, des compétences, des désirs, des rencontres, des dialogues. Si Liège désire asseoir cette position de métropole qu’elle vise enfin, c’est à cette dimension qu’elle doit réfléchir. C’est un état d’esprit. Il ne s’agit pas principalement de fédérer un réseau plus ou moins institutionnel d’acteurs culturels. Il s’agit de stimuler la création, l’imagination, de donner les moyens aux publics d’aller à la rencontre de productions enrichissantes; de donner une place prépondérante à la culture non pas comme bien de consommation, ni même comme axe touristique et économique, mais comme attitude, comme partage riche de sens. Certes on consomme de la culture, certes c’est un outil économique, mais c’est avant tout une exigence de qualité de vie. C’est cela qui génère la créativité individuelle et communautaire. C’est cela qui fait d’une ville un pôle attractif.
2. Dans les discours du politique, pour le moment du moins, Liège 2015 est envisagé trop souvent comme une finalité ou simplement un événement, un programme événementiel. Et c’est une erreur. Bien sûr, c’est un événement, une fête de la culture, de l’imaginaire durant 365 jours. mais c’est surtout une méthode. L’occasion rêvée non pas d’élaborer un programme, mais d’avoir l’ambition de réfléchir à long terme. Qu’il s’agisse de créer des outils, d’affiner leur pertinence, qu’il s’agisse surtout d’induire un état d’esprit, de susciter les creusets de créativité. Bref de stimuler tout ce qui est possible, de révéler toutes les potentialités. Liège 2015 ne peut pas être un aboutissement en soi. Il faut considérer cette finalité comme un point de départ.